Kabyle latin
Aserdun, uccen d yizem
Yiwen userdun iteddu akked wuccen d yizem. Imeddukal-is msefhamen ad ččen win ara ḥesben d bu laṣel n diri. Bdan ttemsaqsayen ɣef yimawlan-nsen. Mi d-yenna userdun belli baba-s d aɣyul, yemma-s d tagmart, xtaren-t ad t-ččen.
Aserdun yessuter ad iseqsi yiwen umɣar uqbel ad iqbel lḥukm-nsen. Iruḥ ɣer uḥeddad, yessuter-as ad as yerr uzzal i yiḍarren-is. Din tebdel teḥkayt : imeddukal-is ttaklen ɣef tezmert-nsen, ma d aserdun iheggi tiḥerci.
Yenna i uḥeddad ad as yerr uzzal i yiḍarren-is n deffir, ad yeǧǧ imesmar ad ffɣen. Mi d-yuɣal, yessawel i wuccen, yesken-as iḍarren-is, yenna-as : « Wali d acu i yuran dagi. »
Uccen yerra-as : « Tira-agi tewɛer i tɣuri. Ur fhimeɣ ara ; ssneɣ kan kraḍ n wawalen. » Syin yessawel i yizem, yenna-as ula d netta ur yezmir ara ad iɣer tira-nni.
Izem yenna-as : « Sken-iyi-tt-id. » Mi iqerreb, aserdun yewwet-it s yiḍarren-is n deffir ɣer wallen. Izem yeɣli, yemmut.
Tamussni n teḥkayt : win yetteddu akked bu tḥila, ad t-iɣurr.
Français
Un mulet voyage avec un chacal et un lion. Ses compagnons décident de dévorer celui dont ils jugeront les origines inférieures. Ils interrogent chacun sur ses parents. Quand le mulet explique que son père est un âne et sa mère une jument, ils le désignent comme leur victime.
Le mulet réclame alors l’avis d’un ancien avant d’accepter leur verdict. Il se rend chez un maréchal-ferrant et lui demande de le ferrer. Le récit bascule : à la force de ses compagnons, le mulet oppose la préparation d’une ruse.
Il demande au maréchal-ferrant de ferrer ses pieds arrière en laissant dépasser les clous. De retour, il appelle le chacal, lui montre ses pieds et lui propose de regarder ce qui y est écrit.
Le chacal répond que cette écriture est difficile à lire : il ne la comprend pas et ne connaît que trois mots. Il appelle ensuite le lion et lui explique que lui non plus ne parvient pas à déchiffrer cette inscription.
Le lion demande à la voir. Lorsqu’il s’approche, le mulet lui décoche un coup de ses pieds arrière dans les yeux. Le lion tombe mort.
La morale de la collecte met en garde : celui qui chemine avec un trompeur finit par être trahi.
Pour comprendre : Sur quoi le lion et le chacal fondent-ils leur jugement ?
Voir une piste de réponse
Sur les parents du mulet, et non sur ses actes. La scène donne à examiner un préjugé employé pour justifier la violence.
Source, droits et statut
Adaptation française Awal d’une collecte de 1882 consultée sur Wikisource. Traduction kabyle préparée avec une IA à partir de cette adaptation, traduction complète relue et approuvée par le porteur du projet ; elle ne reproduit pas le texte kabyle de Rivière. Adaptation et traduction proposées sous CC BY-SA 4.0 ; transcription numérique source non corrigée. La collecte porte le regard de son époque. Suite consultée sur la page 156 du même fac-similé (page imprimée 142). Les trois mots de la transcription ancienne sont résumés, sans tentative de normalisation.
Source : Joseph Rivière, Recueil de contes populaires de la Kabylie du Djurdjura (1882), p. 141–142 ↗